5 projets Power Platform qui transforment concrètement les métiers
Power Platform est souvent associée à la création rapide de petites applications internes.
Les projets les plus intéressants montrent pourtant une ambition bien plus large : connecter les systèmes existants, automatiser des processus métier, structurer les données et donner aux équipes de nouveaux outils opérationnels.
RH, achats, qualité ou opérations : voici cinq projets réels qui permettent de mieux comprendre ce que Power Platform peut apporter à une organisation.
1. RH : Epiq automatise l’onboarding de ses collaborateurs
L’intégration d’un nouveau collaborateur paraît simple. En réalité, elle implique souvent plusieurs équipes et plusieurs systèmes : RH, informatique, managers, achats, documentation, comptes utilisateurs…
Chez Epiq, entreprise internationale de services aux cabinets d’avocats, l’onboarding devait accompagner des équipes constituées rapidement pour des projets complexes.
L’entreprise a développé Launchpad, une solution basée sur Power Platform pour automatiser une grande partie du processus.
Le système permet notamment de :
- commander et suivre les ordinateurs portables ;
- provisionner les comptes Outlook ;
- gérer la documentation des nouveaux collaborateurs ;
- suivre l’avancement de l’onboarding ;
- consolider les informations pour faciliter le renouvellement du parc informatique.
L’architecture est particulièrement intéressante : Power Apps fournit les interfaces, Power Automate gère les workflows et les intégrations, tandis que Dataverse centralise les données. Des connecteurs permettent de communiquer avec Workday et ServiceNow. Les managers disposent également d’un tableau de bord Power BI pour suivre les onboarding.
Le résultat annoncé par Epiq est significatif : le temps d’onboarding est passé de plus d’une semaine à quelques jours, avec environ 2 000 heures de travail économisées chaque mois et plus de 500 000 dollars d’économies annuelles.
Ce que l’on peut retenir
Ce projet illustre parfaitement un cas où Power Platform ne remplace pas le SI existant.
Elle joue le rôle de couche d’orchestration entre les systèmes RH, IT et métiers.
Recrutement → données RH → équipements → comptes → documentation → suivi → reporting
C’est souvent là que se situe la valeur d’une application métier : faire disparaître les ruptures entre les différents outils.
Source : Microsoft Customer Story – Epiq
2. Achats : CATRION digitalise l’évaluation des fournisseurs
Chez CATRION, acteur de la restauration et de l’hospitalité notamment dans le secteur aérien, l’évaluation des produits et fournisseurs reposait auparavant sur un processus très manuel.
Les membres d’un comité réalisaient leurs tests sur papier, recueillaient les commentaires, puis les équipes devaient consolider les résultats.
La consolidation pouvait prendre trois à quatre jours.
CATRION a développé une application Power Apps permettant aux membres du comité d’évaluer les produits depuis un ordinateur ou une tablette.
Les critères sont standardisés : prix, qualité du service, performance de livraison, conformité, etc.
Les résultats peuvent désormais être consolidés presque immédiatement, tout en supprimant les formulaires papier.
Le projet ne s’est ensuite pas limité aux achats. CATRION a étendu Power Platform à de nombreux processus : RH, finance, voyages, CRM, inspections et opérations.
Ce que l’on peut retenir
Le gain ne vient pas simplement du remplacement du papier par une application.
Il vient de la standardisation et de l’automatisation du processus :
Évaluer → collecter → consolider → analyser → décider
C’est un excellent exemple d’un processus qui peut être trop spécifique pour justifier l’achat d’un progiciel, mais suffisamment structuré pour bénéficier d’une application métier.
Source : Microsoft Customer Story – CATRION
3. Qualité : NSW Health Pathology crée un référentiel commun
Dans le domaine de la qualité, le problème est souvent moins l’absence d’information que sa dispersion.
NSW Health Pathology, le principal fournisseur public de services de pathologie de Nouvelle-Galles du Sud en Australie, devait gérer des systèmes et documents de qualité répartis entre différents sites.
L’organisation a développé QPoint, une application Power Apps destinée à centraliser les contenus et processus de gestion de la qualité.
L’objectif est particulièrement ambitieux : passer d’environ 100 000 documents répartis dans huit systèmes à moins de 20 000 documents centralisés.
Le projet repose également sur la co-conception : environ 900 collaborateurs ont participé aux démonstrations et 90 aux tests utilisateurs.
NSW Health Pathology a parallèlement développé GLoW, une autre application Power Apps destinée à coordonner le traitement des échantillons dans les activités de génomique. L’application communique avec les autres systèmes du laboratoire et améliore notamment la visibilité sur le statut des échantillons.
Ce que l’on peut retenir
Power Platform peut servir à bien plus qu’à créer une interface.
Dans ce cas, elle contribue à créer un référentiel commun et des processus standardisés, tout en restant connectée aux systèmes spécialisés existants.
C’est particulièrement pertinent dans les environnements où la traçabilité, la conformité et la qualité des données sont essentielles.
Source : Microsoft Customer Story – NSW Health Pathology
4. Opérations : Encino Energy remplace des outils trop coûteux
Dans l’industrie pétrolière et gazière, certains processus opérationnels sont très spécifiques.
Chez Encino Energy, certaines fonctionnalités nécessaires aux opérations n’étaient pas correctement couvertes par les solutions du marché.
L’entreprise a donc développé plus de 30 applications Power Platform, couvrant notamment les opérations terrain, l’accès aux données de production, la facturation et la maintenance.
Un exemple particulièrement concret concerne la maintenance hivernale.
Auparavant, les employés appelaient directement les prestataires pour demander le déneigement des sites. Les demandes pouvaient être difficiles à prioriser et certaines interventions n’étaient pas nécessaires.
Avec Power Apps, les équipes terrain transmettent une demande à une équipe centrale. Celle-ci peut la prioriser selon différents critères, puis Power Automate déclenche automatiquement les notifications au prestataire.
Selon Encino, ce seul processus a permis de faire passer les coûts de maintenance hivernale de 1,5 million à 300 000 dollars par an.
Ce que l’on peut retenir
Ce cas illustre un arbitrage intéressant :
Faut-il acheter une solution standard coûteuse ou construire une application adaptée à un processus très spécifique ?
Power Platform devient particulièrement intéressante lorsque le besoin est trop spécifique pour qu’un logiciel standard puisse apporter une solution satisfaisante.
Source : Microsoft Customer Story – Encino Energy
5. Opérations : NXP accélère la planification industrielle
Chez NXP Semiconductors, Power Platform est utilisée à une autre échelle.
Plus de 3 000 makers ont utilisé la plateforme pour développer plus de 3 500 applications, allant de petits outils personnels à des applications métier structurantes.
L’un des cas concerne la planification de la production de semi-conducteurs.
L’application développée avec Power Apps et Power BI permet aux managers opérationnels de mettre à jour les données et de suivre en temps réel des indicateurs tels que la couverture de la demande et l’utilisation des capacités.
Sur un échantillon de six applications, NXP indique avoir réduit le temps de traitement de 75 %, soit plus de 400 heures économisées chaque mois.
Ce que l’on peut retenir
Ce cas montre que Power Platform peut également constituer une couche applicative pour des processus opérationnels complexes, tout en associant directement l’action et le pilotage :
Saisir → automatiser → suivre → analyser → décider
Power Apps agit sur le processus tandis que Power BI transforme les données produites en indicateurs opérationnels.
Source : Microsoft Customer Story – NXP Semiconductors
Cinq projets, une même logique
Ces cinq exemples concernent des métiers très différents. Pourtant, ils présentent plusieurs points communs.
1. Ils partent d’un problème métier concret
Aucun projet ne commence par « nous voulons faire une application Power Apps ».
Le point de départ est plutôt :
- trop de tâches manuelles ;
- des données dispersées ;
- un processus difficile à suivre ;
- des outils standards trop coûteux ;
- des systèmes qui communiquent mal ;
- un manque de visibilité.
2. Power Platform s’intègre au système existant
Dans plusieurs de ces projets, Power Platform ne remplace pas les applications centrales.
Elle les connecte et les complète.
C’est particulièrement intéressant lorsqu’un ERP, un SIRH ou un logiciel métier possède déjà les données nécessaires, mais ne couvre pas efficacement un processus périphérique.
3. L’application n’est qu’une partie de la solution
La valeur vient rarement de Power Apps seul.
Les projets les plus intéressants combinent plusieurs briques :
Power Apps + Power Automate + Dataverse + Power BI + API/connecteurs
Chacune répond à une partie du problème : interface, automatisation, données, pilotage et intégration.
4. Le low-code ne signifie pas « petit projet »
Ces exemples montrent également que low-code et projet d’entreprise ne sont pas contradictoires.
La vraie question devient plutôt celle de la gouvernance : architecture, sécurité, données, gestion des environnements, rôles et responsabilités.
Que retenir pour son propre projet ?
Avant de choisir Power Platform, il est utile de partir du processus plutôt que de la technologie.
Un processus manuel et répétitif ?
→ Automatiser avec Power Automate peut suffire.
Des utilisateurs qui travaillent avec Excel, des emails et plusieurs outils ?
→ Une application Power Apps peut structurer le processus.
Des données dispersées ou difficiles à exploiter ?
→ Dataverse et Power BI peuvent apporter une véritable colonne vertébrale.
Plusieurs applications à faire communiquer ?
→ Les connecteurs et les API peuvent transformer Power Platform en couche d’intégration.
Un processus très spécifique pour lequel les logiciels du marché sont surdimensionnés ?
→ Une application métier sur mesure en low-code peut devenir une alternative intéressante.
L’intérêt de Power Platform n’est donc pas simplement de développer plus vite.
C’est de pouvoir construire une solution qui rapproche le processus, la donnée, l’automatisation et le pilotage, tout en s’intégrant au système d’information existant.
C’est cette approche qui permet de passer d’une simple application Power Apps à un véritable outil de transformation métier.